| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
22 Février 2017
Arrivé sur le pallier, ce pauvre David peine à trouver le trou de la serrure, je lui arrache presque les clefs des mains. Je le pousse à l’intérieur, mon ventre se serre à l’idée de voir Alan, même si vu l’heure, il doit dormir ou être de sortie, rien que d’y penser mon ventre se serre encore plus, je ne comprends pas pourquoi, qu’est-ce que ça peut faire après tout, nous ne sommes pas un couple. L’avons-nous seulement été un moment ? Un juron me fait sortir de mes pensées.
- Putain !
- Mais qu’est-ce que tu fais, viens t’asseoir ! Je vais te servir un verre d’eau !
- Oui maman !
Voir David bourré me rend mon sourire ! Surtout qu’il a l’alcool guilleret ! Je m’efforce à parler tout bas, alors que ce n’est pas du tout son cas ! Je lui sers son verre d’eau qu’il boit d’une traite.
- J’ai la tête qui tourne !
- Eh bien oui, c’est ce qu’il se passe quand on boit trop !
- Tu es très jolie ce soir !
- C’est l’alcool qui parle !
- Je suis fatigué !
- Seigneur, allez viens, je te ramène à ton lit !

Je l’attrape et le soutiens du mieux que je peux, c’est qu’il n’est pas léger le bonhomme. Il marmonne des trucs parfois incompréhensibles et je lui répète au moins dix fois « chut » mais c’est peine perdue ! Je le jette finalement sur son lit et lui retire ses chaussures.
- Tu ne veux pas me retirer le reste ?
- Je n’oserais pas abuser d’un homme ivre !
- Dommage !
Nous rigolons et il m’attrape la main pour y déposer un baiser et murmure « merci, fais comme chez-toi » avant de s’endormir presque instantanément, décidément, il devait être vraiment chargé ! Je balaye la pièce du regard, elle est presque identique à ma chambre, le bordel en moins ! Je sors et ferme la porte doucement quand en levant les yeux, je me retrouve face à un bloc de muscles, torse nu vêtu d’un simple pantalon de survêt à carreaux qui repose merveilleusement sur ses hanches. Cette simple vue me fait papillonner le bas-ventre. Un cri de surprise s’échappe de ma bouche.
- Putain, mais c’est quoi ce bordel ? Qu’est-ce que tu fous là ? Me chuchote Alan.
- Je… Désolé, je me suis retrouvée à la porte de la maison, j’ai croisé David éméché dans l’escalier, il m’a proposé de monter.
- Ben… fais comme chez-toi !

Puis il fait demi-tour et retourne se coucher, ce n’est pas le genre d’accueil que j’attendais de sa part, voilà de quoi refroidir n’importe qui ! Je savais bien que ça allait être gênant, mais là, je me sens carrément mal. C’est malheureusement ce qui se passe quand on couche avec le voisin, d’un côté, je ne vois pas pourquoi il aurait agi autrement, c’est lui qui a dit que nous ne pouvions pas continuer, même si je peux comprendre sa raison.
Je me sers un verre d’eau puis m’affale dans le canapé pour regarder la télé, mais à cette heure, il n’y a rien du tout, des clips musicaux datant de mon adolescence ou des programmes politiques, j’opte pour des dessins animés ! Juste pour m’endormir, ça ira très bien. Je suis tellement fatiguée qu’il ne me faudra pas longtemps pour sombrer.
Entre deux mondes, je suis prête à m’abandonner aux bras de Morphée quand une ombre se dresse devant moi éteignant la télé et me soulevant du canapé.

Je reconnais son odeur, odeur que je hume à pleins poumons. Alan murmure à mon oreille « désolé de mettre conduit comme un couillon », je suppose qu’il parle du chaleureux accueil auquel j’ai eu le droit. Puis il continu en me disant « ça fait vingt minutes que je me retourne dans mon lit, je voulais t’apporter une couverture, mais je me suis dit que tu préférerais peut-être partager la mienne », ou c’est lui qui voulait partager son lit avec moi plutôt ? Il finit par me poser à terre.
- Merci !
Je ne sais pas quoi dire de plus, cette situation est de plus en plus bizarre. Il fait le tour du lit pour s’y allonger. Il est sur le dos, un bras sous la tête, l’autre sur le torse, il est parfait, parfaitement sexy.
- Comment ça se fait que tu te retrouves ici ? m’interroge-t-il.
- Tania était de sortie, elle a ramené quelqu’un et l’entendre à travers les cloisons n’est pas vraiment mon kiff !
- Je comprends dit-il en rigolant, je ne la voyais pas du tout comme ça ta coloc !
- Elle sait aussi s’amuser, je ne le lui reproche pas. Puis j’ai fini par rencontrer David après 45 minutes à trainer dans le hall !
- Pourquoi tu ne m'as pas écrit ?
- Je ne sais pas, ça aurait été un peu bizarre.
- Tu comptes t'allonger où il faut que je vienne te chercher ? Lance-t-il sans faire attention à ma dernière phrase.
- Ça ne risque pas d’être dur à expliquer à David ?
- Vu comme il ronfle, il en a pour un moment à décuver !
Je ne lui réponds pas. J’enlève mes vêtements, me contentant de garder mes sous-vêtements, et je m'assois sur le bord du lit, le regardant du coin de l’œil.

Je me retourne finalement pour m’allonger sur le côté, presque aussi loin que possible de lui, fixant le mur en face de moi, priant pour m’endormir rapidement, mais mon cœur bat tellement fort dû à l’adrénaline d’être si près de lui, que je peine à fermer les yeux.
Je sens sa main glisser doucement sur mon ventre pour m’attirer à lui. Je crois que je vais exploser. Je ferme les yeux pour essayer de me calmer, mais il doit certainement sentir les battements intenses sous sa main. Il m’attire encore plus près de lui en passant sa seconde main sous ma nuque et enfouit sa tête dans mes cheveux, je sens sa respiration chaude chatouiller mes oreilles. Toute fille normalement constituée se séparerait de ses bras sur le champ, en fait non, toute fille normalement constituée serait restée sur le canapé et surtout n’aurait pas couché avec un mec qui venait de la larguer. Non mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? Et pour me prouver que je suis vraiment atteinte, je pose ma main sur la sienne et la presse. C’est surement le feu vert qu’il attendait pour promener sa bouche contre mon cou, j’ai déjà du mal à penser quand je le vois, mais ses baisers sonnent le glas de ma raison.

Je frissonne de plaisir, il ressert son étreinte, sa peau est extrêmement chaude et me brûlerait presque le dos, mais cette sensation me plaît. Il arrête de m’embrasser et je me retourne. Même avec la faible lumière qui éclaire l’endroit, je vois ses pupilles dilatées par l’excitation, sa bouche entrouverte attendant que j’y glisse ma langue. Je lève la main et la pose sur son visage, le caressant tendrement, je la passe dans ses cheveux, puis je descends sur ses joues et je finis par passer mon pouce sur ses lèvres si fines et si douces. Je me mords la lèvre inférieure, je ferme les yeux et je l’embrasse. Il ne se fait pas prier pour me rendre mon baiser, nos langues reproduisent une chorégraphie qu’elles connaissent très bien. Il finit par me basculer en arrière, sa main dans mon cou, m’embrasse calmement, s’arrête et parle.
- Mais qu’est-ce que tu me fais Jessy ?
- Non toi, qu’est-ce que tu me fais… ?

C’est vrai avec lui, j’ai complètement éteint ce qui me sert de cervelle. Je suis uniquement guidée par mes désirs. Il me mord profondément la nuque et me tire de mes pensées pour me faire revenir au moment présent. Je me laisse diriger par mes bas instincts et c’est comme ça que je le laisse me posséder une seconde fois.
Il fait jour, la lumière se fraye un chemin à travers la fenêtre, j’ouvre les yeux, je suis seule et je me souviens que je suis dans le lit d’Alan, les draps sont encore froissés de nos ébats, je suis endolorie un peu partout, je passe la main dans ma nuque et sens la profonde empreinte qu’on laissés ses dents sur ma peau. Je me lève et m’habille, regardant par la fenêtre du second étage, la journée va être belle, c’est ce que je me dis pour éviter de penser à des choses qui me tracassent. Que va-t-il se passer maintenant ? Que sommes-nous ? Est-ce que nous devons arrêter de nous voir ou a-t-il envie d’officialiser notre « relation » ? Et si non, est-ce que j’ai envie de poursuivre ce petit jeu ?

Je me décide à sortir, j’entends du bruit dans la salle de bain attenante à sa chambre, je tourne la tête et vois David à table, toujours vêtu comme la veille, une tasse dans les mains. J’avance dans sa direction avant qu’il ne me voie et me dévisage comme si j’étais une hallucination. Terrifiée à l’idée de dire quoi que ce soit je reste muette ! Est-ce qu’Alan lui a déjà donné une explication au fait que je sois dans sa chambre ?
- Jessica ? Dit-il dubitatif.
- Oui ! Je réponds d’une toute petite voix.
- Mais qu’est-ce que tu fais dans la chambre d’Alan ?
La voilà la question que je ne voulais pas entendre, je ne suis pas toujours douée pour les mensonges et je le suis encore moins dans cette situation.
- J’ai dû lui laisser ma chambre, puisque tu étais trop bourré pour faire preuve de galanterie, petit con ! Dit une voix rauque dans mon dos.

- Oh ! Je me demandais si je t’avais réellement invité à monter, je n’avais pas les idées très claires hier soir ! Tu m'en veux ? Demande-t-il à mon intention.
- Et bien…
- C’est toi qui aurais dû dormir sur le canapé hier soir, pas elle ! T’as fait un tel bordel en rentrant, si tu ne t’étais pas endormi si vite, je crois que je t’aurais tué !
Les entendre se chamailler me fait rigoler, je me retourne pour regarder Alan et lui sourire pour être venu à mon secours, et il se tient là avec une serviette autour de la taille, le torse luisant à cause des gouttes d’eau qui le recouvrent encore. Il veut m’achever !
- Je n’ai pas dit ou fait de conneries hier soir ? Me demande David.
- Hum, non. Une proposition indécente, mais j’ai mis ça sous le coup de l’alcool !
- Zut alors ! Je regrette presque d’avoir était si cuit !
Je lui souris, gênée au souvenir d’hier soir… dans les bras d’Alan.
- Tu ferais mieux d’aller prendre une douche, crétin, ça te rafraîchira les idées !
David se lève, il se met à mes côtés puis fait jongler son regard entre moi et Alan, je ne me sens pas rassurée à voir son air. Il met sa main contre sa bouche comme s’il allait chuchoter pour me révéler un secret, mais il ne chuchote pas du tout !

- Ce mec-là est d’une telle humeur de chien, il devrait se trouver une nana et tirer un coup ma parole.
Puis il éclate de rire voyant la surprise se dessiner sur le visage de son meilleur ami et il disparaît dans le couloir puis dans sa chambre alors que je regarde encore dans sa direction, choquée et amusée de ses propos.
- Il ne sait pas ce qu’il dit, je suis de très bonne humeur contrairement à ce qu’il croit !
Je ne sais pas quoi répondre, je reste donc silencieuse, il relève mes cheveux pour y contempler la marque qu’il a créée sous mon oreille et l’embrasse.
- Désolé pour ça, même si j’adore l’idée de t’avoir marqué !
- Ce n’est pas grave, je me contenterai de la camoufler !
- C’est dommage, j’adore la regarder lance-t-il en me proposant une tasse de café.

Et bien si t'assumais, tu pourrais peut-être en profiter ! Ça, c’est ce que je me dis dans ma tête, en réalité, je bois mon breuvage alors qu'Alan dépose un bisou sur ma joue. Il me regarde boire un instant puis finit par saisir ma tasse pour la poser sur le plan de travail et m’embrasse, sa bouche à un goût mentholée, mélangé au goût du café de la mienne, je me surprends à penser avoir envie qu’il me prenne dans cette cuisine. Je romps finalement notre étreinte.
- Et ? Il se passe quoi après ça ? On fait quoi tous les deux ?
- Je te l’ai dit, je ne veux pas briser le cœur de David.
- Donc là, c’est fini, une bonne fois pour toute ?
- Ben, je ne sais pas à toi de me dire !
- En fait, tu sais quoi…

- Dis Jessica, ça te dirait de m’accompagner, je dois acheter des cordes pour ma guitare ? M’interrompt David derrière moi dans l’encadrement de la porte de sa chambre.
- Oui ! J’adorais ça ! Sortir un peu en ta compagnie ! Laisse-moi juste descendre me préparer ! Lui dis-je en me retournant dans sa direction.
- Super !
David me sourit avant de fermer sa porte. Je me retourne et Alan me dévisage, septique, peiné, irrité, le tout, à la suite, une vraie mine, cet homme. Après tout qu’est-ce que j’en ai à foutre. Je ne vais pas continuer à faire ça, le laisser faire de moi sa « chose », il ne veut pas s’engager et bien, je tire un trait sur cette « histoire » et puis c’est tout. Je sors de cet enfer.