| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
10 Mai 2017
Voir la tête d’Alan avec cet air « mais elle débloque complètement » m’a vraiment achevé. Il change encore d’expression, il est sévère, ça me fait arrêter de rigoler immédiatement, je déteste quand il a ce regard mauvais. Il se radoucit soudainement.
- Tu te moques de moi en plus, vilaine fille !
- Juste un peu !
- Attends un peu, si je t’attrape…
Il se lance à ma poursuite, je rigole et crie comme une adolescente, je cours à travers la cuisine et le salon, essayant de le semer, le voir aussi insouciant le rajeunit, il est tellement beau. C’est assez dur de courir avec ces chaussures, je le soupçonne de me laisser de l’avance, je trouve ça trop adorable, j’aimerais bien savoir ce qu’il va faire quand il m’aura attrapé, je ralentis un peu, je suis essoufflée en plus, il ne lui faut pas très longtemps pour m’atteindre, il me chatouille jusqu’à la crise de rire.
- Arrêtes, je vais mourir !
Il s’exécute, il me porte et me pose sur le plan de travail, on est tous les deux à bout de souffle, il a un large sourire, il me fait fondre, je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression de voir dans ses yeux qu’il n’ose pas m’embrasser alors qu’il en meurt d’envie. Je passe ma langue sur mes lèvres avant de m’approcher et de faire le premier pas.

M’emparer de sa bouche me fait complètement exploser, je passe ma main dans ses cheveux pour l’attirer encore plus près de moi, ça faisait si longtemps, chaque fois qu’il est là, j’ai l’impression que ça fait des années qu’on ne s’est pas vus. Son portable qui vibre nous fait revenir sur terre, il le sort de sa poche, mais il n’est pas vraiment très doué, je lis un Loraine ou Lorine, enfin, un prénom de fille quoi. Cet appel m’aura plus que ramené sur terre, plutôt sous terre. Il éteint complètement son téléphone. Tout ça me fait penser à la première soirée que nous avons passée ensemble quand c’est Steph qui avait appelé, si j’avais suivi mon intuition, j’aurais arrêté de le voir et je serais passée à autre chose, au lieu de ça, je m’accroche.
- Désolé pour ça.
- Oui, je sais, rien d’important.
Je dis ça sous le ton de l’ironie, il me regarde, il voit bien que ça me rend mal. Je le pousse pour descendre du meuble et je remplie deux verres d’eau. Je bois le mien d’une traite, même si en ce moment, c’est plutôt d’une série de shots de Whisky dont j’aurais besoin, Alan touche à peine au sien. Il se colle à moi et m’embrasse dans le cou, il sait que quand il fait ça, il a les pleins pouvoirs sur moi. Mais je m’arrache à son étreinte.
- Commence pas à bouder bébé, on passait un bon moment jusque-là.
- Désolé, c’est cette salope qui a pourri l’ambiance.
Je me trouve dur, mais juste, que quelqu’un me rappelle pourquoi je m’entête encore et encore avec lui ? Toute cette pseudo-relation n’est pas normale du tout, mais putain, je l’aime. Chaque fois que je me dis ça dans la tête, je me calme. Il glisse à nouveau ses mains sur mon ventre pour me câliner. Je pose mes mains sur les siennes pour lui signaler que la crise est finie.

- Allez, viens, on va se poser un peu, je ne suis pas en vacances moi !
Il intercale ses doigts avec les miens et me traîne jusqu’au canapé, je laisse une lumière tamisée pour que ce soit plus romantique, il s’allonge et m’attire à lui, je l’embrasse et pose ma tête contre son torse.
- Je suis bien là, dis-je.
- Ouai moi aussi, je n’ai pas arrêté aujourd’hui, je suis lessivé. Surtout que tu m’as fait courir à travers la maison, petite garce !
Petite garce ! Putain quand il dit ça, j’ai des papillons et pas que dans le ventre…
- Pourquoi être venu si t’es crevé ? Andouille !
- Parce que j’avais envie de te voir, puis j’avais un truc à te dire aussi.
Un truc à me dire ? L’optimiste en moi et en train de se préparer à recevoir une déclaration d’amour de sa part et la pessimiste est en train de me rappeler qu’une pouf vient tout juste de l’appeler, qu’est-ce qu’il a bien à me dire ?

- Quoi ?
- En fait, je dois partir pour le boulot, des formations, des problèmes à régler, un tas de trucs emmerdant à souhait et c’est bibi qui s’y colle.
- Comment ça partir ?
- À la maison mère et elle est à quelques heures d’avion d’ici. Ils m’expatrient pendant quelques mois, 3 ou 4 tout au plus.
- Quoi ???
J’ai un peu trop crié ma question ! Ce n’était pas sur la liste des trucs auxquels je m’attendais. Je me relève du canapé. Je suis paniquée, énervée, abattue… il ne peut pas disparaître de mon champ gravitationnel pendant autant de temps, il vient tout juste d’y revenir, j’ai déjà cru mourir quand j’ai décidé de couper tout contact avec lui il y a quelques mois. Je ne m’en rends même pas compte, mais des larmes silencieuses coulent sur mes joues.
- Hey ! Ne pleure pas, c’est rien, ça va passer super vite.
- Mais non, je sais très bien que ça va durer une éternité, on vient de se retrouver, tu ne peux pas partir comme ça…
- Ben, je ne l’ai pas choisi bébé.
- Non, je sais bien, mais… mais…

Mais, je t’aime, c’est ce que je voudrais lui dire, je t’aime tellement que ton absence va m’anéantir jour après jour. Mais je me reprends.
- Mais tu pars quand ?
- La semaine prochaine.
Je retombe dans ses bras. Il est l’homme de plusieurs femmes et moi, je pleure comme s’il n’était qu’à moi…
- Pour moi aussi, c’est dur de te laisser, puis je n'aime pas te voir comme ça…
Il passe sa main sur mes joues et efface les larmes qui s’y répandent encore et encore. Je l’embrasse, notre baiser a un goût salé à cause de mes pleurs. Mon maquillage coule peut-être, la tête que je dois avoir n’est pas très sexy, mais je m’arrache à sa bouche pour me relever, j’enlève ma robe.
- Putain, tu vas m’achever !
- Si tu es trop crevé, je comprendrai…
- Pas pour ça, pas pour toi.
Il passe ses mains sur mes fesses et embrasse mon ventre, il me fait basculer sur lui et promène sa langue sur ma poitrine, remonte jusque dans ma nuque, la trace qu’il a laissé la dernière fois s’estompe un peu, mais vu comme il me mord fort, elle risque bien de réapparaître ! J’attrape sa main pour la passer entre nous, sous ma petite culotte.
- J’adore ce que tu portes, t’es tellement sexy.
- J’ai mis ça pour toi…
- Putain, tu me rends fou, je vais tellement te faire l’amour que tu t’en souviendras encore pendant que je serais loin.
Hein ? Je ne sais pas si je suis plus attirée par le fait que je le rende fou ou parce qu’il a dit « me faire l’amour » ce n’est pas son langage habituel, il aurait plutôt dit « baiser » ! Alan me fait revenir au feu de l’action quand il commence à faire entrer et sortir ses doigts en moi. Je le laisse envahir ma bouche avec sa langue, le laissant aspirer mes gémissements. Il retire ses doigts, j’en profite pour le débarrasser de son t-shirt, j’embrasse son torse et je vais lui lécher le cou, pour une fois, c’est moi qui le mords, je sais que personne ne l’a jamais mordu, il n’a jamais eu la moindre petite marque. Il pousse un petit son d’appréciation. Je me lève pour enlever mon soutif, je me baisse pour retirer mes bottes et mes bas.
- Non, laisse-les ! M’interrompt-il.
Le petit coquin, je rougis, il attrape ma culotte et la fait glisser par-dessus mes chaussures. Je me dirige vers le petit meuble de chevet à droite du canapé, dans le petit tiroir du bas, caché bien au fond, j’attrape de quoi lui laisser quelques opportunités de me souvenir de lui pendant qu’il sera absent.
- Tout ça !? Tu es insatiable ma parole ! Si on finissait déjà ce qu’on a commencé, on verra pour le reste plus tard !
Il dit ça en retirant ce qu’il lui reste comme vêtements, je ris, car j’ai en main un lot de 6 préservatifs, je ne compte pas me servir des six, un sera déjà suffisant. Je m’agenouille devant lui, il a les yeux qui pétillent, la dernière fois qu’on s’est retrouvés, il m’a empêché de lui donner du plaisir, je compte bien lui faire la gâterie de sa vie. Au bout de plusieurs minutes, il m’arrête et je me relève, cette fois-ci, on se protège, hors de question de jouer avec le feu encore une fois. Alan est assis, je me mets à califourchon sur lui et je mène la danse, j’aime être là meneuse, mais j’adore quand c’est lui qui prend les choses en main, ce qu’il finit par faire en changeant de position. Il est derrière moi, il va plus vite et mes ongles se plantent dans le canapé quand je crie une dernière fois, il ne tarde pas à me rejoindre.
Alan est monté dans la salle de bain, j’en profite pour remettre ma culotte et j’enfile son t-shirt, il sent bon son odeur, je suis en train de le renifler quand il me surprend.
- Il est propre, je l’ai mis avant de venir !
Je ne peux pas m’empêcher de rougir, j’ai vraiment l’air d’une idiote à sentir son t-shirt. Je ne sais pas si je dois lui dire que j’aime son odeur tout comme je l’aime, bon, je garde la dernière partie pour moi.
- J’aime sentir ton parfum !
Il me sourit avant de me rejoindre sur le canapé et m'embrasser comme il sait si bien le faire.
- Je t’en laisserais quelques-uns pendant mon absence, tu sais comme pour les chiots, pour qu’ils aient l’odeur de leur maître !!

Je suis choquée et amusée de ce qu’il vient de me dire, avec lui, je ne prends pas les choses au pied de la lettre. Je lui donne une claque sur l’épaule.
- P’tit con !
- P’tite garce !
Je suis sûre qu’il sait très bien l’effet qu’il me fait en me disant des trucs comme ça hors contexte. Je l’embrasse. Une fois la passion retombée, je finis par me demander s'il fait pareil avec les autres filles ? Est-ce qu’il les met toutes dans cet état en les traitants de petite garce ? Est-ce qu’il a promis des t-shirts à toutes les autres ? Putain, pourquoi je pense à ça, j’ai envie de me frapper.

- Tu penses trop ! Tu as des petites rides qui se forment sur ton front !
Je touche l’endroit pour vérifier, mais évidemment, il se moque de moi, il rit, il a raison, c’est vrai, je pense trop. Il est un peu plus de 20h, le temps a filé à une vitesse folle, c’est toujours comme ça quand il est là… Et bientôt, il ne le sera plus, ça m’attriste, je m’efforce de ne pas trop y penser et de garder un visage normal.