| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
15 Mai 2017
Après l’annonce d’Alan, j’ai le cœur en morceaux, je me demande comment je vais faire pour survivre sans lui tout ce temps, j’ai peur qu’il m’oublie, j’ai peur de toutes ces filles qu’il pourrait, qu’il va, rencontrer, et s’il trouvait la femme de sa vie ? Je décide de profiter des derniers moments qu’il me reste avec lui.
- Tu veux manger avec moi ? Je dois avoir des trucs qui traînent dans mon congélo !
- Ouai, bien sûr.
Je me lève du canapé pour me rendre dans la cuisine, il reste allongé et je l’attends allumer la télé. J'ouvre mon frigo, je sors du vin, surtout pour moi, je pense qu’il n'en prendra pas, puis je trouve dans mon congélateur des restes de gratin.
- Ça te va du gratin réchauffé ?
J’ai parlé assez fort, mais il ne répond pas, la tête dans le congèle, je l’appelle un peu plus fort, quand je vois qu’il ne répond toujours pas, je me demande ce qu’il fait. En passant par l'arche, je le découvre, endormi paisiblement. Il est si tranquille, il ne ressemble pas à un briseur de cœur, il a l’air d’être à moi tout entier. Je décide de ne pas le réveiller, je reste assez loin pour ne pas être tentée de le toucher, j’ai finalement un peu de temps avant qu’il se lève, je décide de lui préparer quelque chose de neuf ! Bon, je ne suis pas très douée en cuisine, mais je fais des spaghettis bolognaise, un plat inratable, je suis sûre de ne pas le faire cramer ! Au bout d’une heure, j’ai fini. Je pose quelques bougies par-ci, par-là, puis je m’en vais le réveiller, mais il est tellement beau, puis il avait l’air si fatigué aussi, je pose doucement ma main sur son torse et je la remonte jusqu’à son visage, il tressaille dans son sommeil, je l’appelle doucement et plusieurs fois.

- Alan, réveille-toi !
Je me rends compte que je ne lui ai jamais donné de petits noms, lui me dit souvent « bébé » mais je n’ai jamais trouvé de surnom pour lui, je ne sais pas si j’en éprouve le besoin, puis je me demande souvent si je suis la seule « bébé » de son répertoire… sa main qui m’attrape rapidement le poignet me fait revenir dans mon salon.
- Je me suis endormi comme un crétin !
- Tu étais crevé, j’en ai profité pour te faire un truc à manger !
Il s’assoit et pose sa main sur ma cuisse nue avant de se lever et de tendre une main vers moi.
- Ça tombe bien, je meurs de faim !
Il finit toute son assiette avant de me dire que c’était très bon et que ça le change de ce qu’il mange le reste du temps. Je sais ce que c’est, moi aussi, je mène une vie de célibataire. Il m’aide à débarrasser et remplir le lave-vaisselle. Alan saisit ma main et me fait tourner sur moi-même, me colle près de lui pour danser, comme il l’avait fait il y a quelques mois, quand il essayait d’être quelqu’un d’autre. Je trouve ça inattendu, il me sourit, je ne peux pas m’empêcher de faire pareil, il loge son nez au creux de ma nuque pour m’embrasser doucement. Comment fait-il ça ? Comment fait-il pour que je le laisse continuer toute cette mascarade alors que j’en veux plus ? Je devrais lui dire, c’est moi ou c’est les autres, au lieu de ça, je le laisse faire de moi une des autres. C’est lui qui brise le silence entre nous.
- Ce t-shirt te va presque mieux qu’à moi !
- Il est un peu court, mais ça va !
- Ah bon, je ne trouve pas moi, au contraire, je trouve qu’il est bien trop long.

Alan attrape mes fesses à pleines mains, il m’embrasse, je me retrouve contre l’ilot central.
- Est-ce que tu es prête pour un second round ?
Il dit ça en glissant ses doigts en moi et en les faisant bouger, je ne réponds pas, je gémis, il s’arrête pour m’asseoir sur l’ilot et enlève ma culotte.
- Je crois que maintenant, tu l’es !
Il ne prend même pas la peine d’enlever son boxer pour me prendre en moins de temps qu’il n’en faut pour me rendre compte qu’il ne se protège pas, encore une fois, j’adore ça, mais je ne veux pas encore prendre de risque.
- Attends, pas comme ça.
- Quoi ? J’adore ça et toi aussi, je te promets de m’arrêter cette fois, je n’ai pas vraiment envie de te mettre en cloque, crois-moi !
Bien que je sois d’accord avec lui, sa façon de me dire ça me glace le sang. Parce qu’au fond de moi, j’espère toujours qu’un jour, il m’aimera, il aura envie de vivre avec moi, peut-être avoir des enfants justement. Je chasse tout ça de mon esprit pour me concentrer sur ce qu’il me fait. Après un moment, il s’arrête. Je suppose qu’il est sur le point de jouir.
- Tu viens, on va finir ça à l’étage ?!

Il me fait descendre, j’ai les jambes toutes flagada, je peine à le suivre, il attrape les capotes sur la table basse en me lançant un regard entendu.
- Attends-moi, j’ai les jambes engourdies !
- Eh bien, tu es moins endurante que ce que je pensais ! Allez grimpe !
Il me fait signe de monter sur son dos ! Je ne refuse pas l’invitation et il me pose sur le pallier, il enlève le t-shirt que j’ai sur le dos et me pousse dans la chambre. Il me plaque sur la bibliothèque, je pousse un cri de douleur quand une étagère me rentre dans le dos, il s’excuse, je le repousse violemment, presque méchamment, il me regarde avec étonnement puis je lui fais un sourire coquin et il fait pareil quand il se rend compte que je m’amuse ! Je m’approche pour l’enlacer et l’embrasser pendant qu’il attrape mes fesses pour me coller encore plus à lui.
- Et si tu finissais ce que tu as commencé, on verra si je suis moins endurante que ce que tu pensais !
Je le repousse encore jusqu’à ce qu’il arrive au lit, il m’embrasse doucement dans le cou, mon téléphone qui était resté sur la table de chevet se met à sonner et vibrer, quand je reporte mon attention sur ce dernier, je crois être en plein cauchemar, c’est un délire complet, quel n’est pas ma surprise de voir le prénom de « Geoffrey K. » accompagné d’un émoticône cœur jaune ; l’émoticône pour les plans culs, je ne sais pas pourquoi un cœur jaune, mais c’est comme ça que je procède ; je me bloque et je vois Alan jeter un coup d’œil au téléphone, il s’arrête aussi, je sens son rictus, je déteste ça, je ne suis pas comme lui.

- Pourquoi tu ris ?
- C’est « rien d’important » !?
- Oui, encore plus que tu ne le penses…
- Mais je n’ai rien dit, je trouve ça amusant que tu me fasses une scène tout à l’heure alors que…
- Que quoi, Alan ? Tu ne sais rien, tais-toi.
Voir son petit air condescendant me rend vraiment malade, il s’imagine quoi ? Que chez moi aussi, c’est l’open-bar ? Et bien pas du tout. Je le pousse sur le lit et je m’en vais dans la salle de bain.
- Oh ! Allez, bébé, reviens ! Tu fais bien ce que tu veux, on n’est pas ensemble.
C’est qu’il en rajoute en plus, il dit ça quand je claque la porte, je suis nue comme un ver, à l’exception de mes bas et mes bottes, je me trouve ridicule, je me passe un peu d’eau fraîche sur le visage. J’aimerais tant lui crier qu’il n’y a que lui et que j’attends comme une idiote car je l’aime. Au lieu de ça je passe pour une imbécile qui s’énerve toute seule pour rien. Il toque à la porte.
- Tu veux que je m’en aille ?

Oui ! Non !! Putain, il s’en va dans une semaine bien sûr que je veux qu’il reste, je gâche stupidement du temps avec lui, qui sait si je le reverrais avant qu’il parte. Je respire un grand coup et j’ouvre la porte.
- Non !
- Désolé bébé, tu sais que je m’en fous…
- Mais pas moi, Alan. Je n’ai pas revu ce type depuis des mois et en plus, c’était nul. J’avais oublié que j'avais toujours son numéro. Le cœur jaune, c’est juste pour… les plans culs, mais j’ai que lui.
Je ne sais pas pourquoi je me justifie, mais je le fais quand même. Je crois que j’ai envie qu’il se rende compte que je ne suis pas ce genre de femme. Enfin plus ce genre de femme, même si je garde mes vieilles habitudes avec mes émoticônes !
- D’accord, tu n'as pas besoin de te justifier avec moi.
- Pfff, tu ne comprends rien.
- Explique-moi alors.
- Non, laisse tomber.
Je t'aime, y'a pas meilleur explications, crétin. Il me regarde comme s'il se posait des questions, je m'avance vers le lit et m’assois au bord, je prends le téléphone pour le mettre en silencieux et je le jette dans le tiroir. Alan vient s'installer à côté de moi, il embrasse mon épaule et remonte dans ma nuque, je soupire et il s’arrête.

- T'as vraiment envie qu’on continue là où tu préfères que je te laisse tranquille ?
- Nooon, j’ai envie que tu restes, j’ai juste du mal à me remettre dans l'ambiance.
Je retire mes bas et mes bottes et je me lève pour aller chercher son t-shirt qui est resté sur le palier. Le pauvre, il a un air peiné. Mais franchement ça m’énerve qu’il pense que je suis capable de m’envoyer en l’air avec d’autres mecs, c’est arrivé une seule et unique fois et c’était horrible. Il me prend la main et me ramène à lui.
- Et si tu venais t’allonger avec moi ?!
- Quoi tu vas rester là, allonger avec moi, t’as pas mieux à faire ? Avec Lorine ou Loraine par exemple.
Pourquoi j’ai dit ça, il s’était apaisé. Je deviens bipolaire moi aussi ou quoi ? Il me lance un regard surpris. Comme si c’était un secret. Il se moque de moi et ça m’énerve, tout ça m’énerve.
- Tu veux que je parte ?
- C’est la troisième fois que tu me le demandes, tu sais quoi, vas-t-en, t’as raison.

Il se lève du lit d’un bond, et tend sa main vers moi, je me demande ce qu’il veut puis je me souviens que j’ai son t-shirt sur le dos, je le retire et garde les bras sur ma poitrine, essayant de croiser les jambes pour en voir le moins possible, comme s’il ne m’avait jamais vu, ce réflexe est complètement débile. Je n’arrive pas à lire en lui, j’aimerais pouvoir savoir ce qu’il pense. Il sort de la chambre et descend les escaliers, il doit se rhabiller puis j’entends la porte d’entrer claquer. Je m’enferme dans la salle de bain.