| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
30 Mai 2017
L’amour, la peur d’être déçue, le stress de la séparation me monte à la tête, je ne me sens pas bien. Je prends un coup de chaud, les larmes me montent aux yeux et je sens que je ne vais pas tarder à rendre ma salade. Je m’arrache aux bras d’Alan pour courir à l’étage et me terrer dans ma salle de bain, je me penche au-dessus des toilettes, je pense au début que ça va passer et finalement, je vomis. Alan toque à la porte.
- Jessy, ça va ?
Je voudrais bien lui répondre, mais vu la situation, j’aurais du mal à vomir et parler en même temps. Il ouvre la porte quand même. Il m’aide à me relever et me dirige vers le lavabo. Je me lave les dents, remplaçant le goût désagréable de ma bouche par une fraîcheur mentholée. Je passe un peu d’eau sur mon visage, Alan est adossé à la porte qui donne sur ma chambre.
- Tu vas bien ?
- Oui, désolé, c’est ton départ qui me rend malade…
Il m’attrape par le bras pour me câliner, est-ce que je devrais lui révéler mes sentiments ? Peut-être que je me sentirais bien mieux après ça. Peut-être que ça le fera fuir, ça m’anéantirait si c’était le cas, je préfère me rendre malade que d’avoir le cœur brisé.
- Je…

Alan commence une phrase qu’il laisse en suspens. Il quoi ?
- Je suis désolé de te causer autant de soucis ma belle.
Pourquoi j’attends toujours et encore qu’il me dise qu’il m’aime, ceci n’arrivera jamais, Alan est un électron libre. Je ne lui réponds pas, je me contente de l’embrasser. On a travaillé tous les deux aujourd’hui, je ne sais pas lui, mais moi, je suis vraiment fatiguée.
- On devrait aller dormir, je ne sais pas toi, mais moi, je suis mort, c’est un peu décevant comme dernière nuit, je suis désolé.
- Arrêtes de t’excuser ! Ce n’est pas décevant, j’aime dormir avec toi, puis moi aussi, je suis exténuée. Je vais aller tout éteindre en bas.
- Non, vas te coucher, je vais m’occuper du reste.
Il m’embrasse et me pousse dans la chambre, j’allume les lampes de chevet et me pose sur le lit puis je ferme les yeux quelques secondes. Quand je rouvre les yeux, Alan est enroulé à moi, mon portable indique 3h26, j’ai apparemment fermé les yeux plus que quelques secondes. Il faut que j’aille au petit coin, je tente de me défaire des mains d’Alan sans le réveiller. Quand je reviens, il n’a pas bougé, je m’efforce d’être discrète, une fois que je suis de retour à ma place, il grogne, j’adore quand il fait ça, ça me fait rire.
- Pourquoi tu ris ? dit-il d’une voix rauque.
- Oh désolé, je t’ai réveillé, j’ai essayé de faire attention, mais tu grognes dans ton sommeil !
- Quoi ? Je ne grogne pas, tu dis n’importe quoi ! Je vais te faire grogner moi, tu vas voir !

Il est encore dans le gaz, il commence par me chatouiller gentiment et il finit par me sauter dessus. Les câlins au milieu de la nuit avec lui, c’est comme être sur un petit nuage, même si je suis essoufflée et que je me rendors presque instantanément. Alan me passe son t-shirt, j’ai plus l’habitude de le voir me déshabiller que m’habiller, il embrasse ma joue et je retourne aux pays des rêves, même si j’ai l’impression d’y être déjà quand je suis à côté de lui.
Il est 10h quand je me réveille, éternellement seule dans ce grand lit, je me demande comment il fait pour être toujours debout avant moi ! J’enfile ma petite culotte et me brosse les dents avant de descendre, j’ai à peine ouvert la porte qu’une odeur de pancakes chatouille mes narines, j’entends mon ventre gargouiller. Je passe la tête par l’arche en bas des escaliers, Alan cuisine, il m’aperçoit, je souris et il fait pareil. Je sautille jusqu’à lui, je suis de bonne humeur.
- Bien dormi bébé ?
- Très ! Et toi petit ours ?
- Bien ! Mais tu peux te moquer de moi si tu veux, je m’en fiche !
Il me met une petite tape sur les fesses avant de m’embrasser, mon ventre gargouille de plus belle.
- J’en connais une qui doit avoir sacrément faim !
- Et encore t’es en dessous de la vérité !

Je mangerais un éléphant, rien d’étonnant vu que j’ai vomi tout mon repas hier soir et qu’Alan m’a fait transpirer plus que de raison. Je me sers une assiette, il me rejoint avec le plat que je dévore presque à moi seule, Alan me regarde avec de grands yeux et je souris bêtement. Il débarrasse les assiettes pendant que je m’assoie sur l’ilot central, quand il se retourne, il comprend vite mon invitation silencieuse. On finit notre séance torride, affalés sur le canapé, je m’endors dans ses bras. Je suis réveillée quand je le sens me porter jusqu’à l’étage, on s’allonge tous les deux, il me couve du regard, il passe sa main sur ma joue, replace une mèche de cheveux derrière mon oreille. Il a ce nouveau regard, qui me fait me sentir bizarre, mais quand il me regarde comme ça, je sais que je veux passer le reste de ma vie avec lui, si seulement cela pouvait être réciproque, j’espère toujours. Nous ne disons rien, nous ne faisons que nous regarder et nous toucher du bout des doigts. Je finis par m’endormir sous ses caresses. Je suis réveillée par la bouche d’Alan qui se promène sur mon ventre, c’est agréable et doux, je jette un œil à l’horloge, il est presque 16h, je n’ai rien avalé depuis le petit-déjeuner et je commence à avoir un petit creux, mais mon esprit est vite attiré par mon amant qui sait trop bien comment détourner mon attention en glissant sa tête entre mes cuisses. Je le laisse me faire décoller et il me tire de mon petit nuage en me sortant du lit brusquement pour m’emmener dans la salle de bain.
Il passe son t-shirt par-dessus mes épaules et me le retire, il fait couler l’eau chaude et se défait de son jean. Personne ne parle, les seuls sons qui viennent casser le silence de la pièce sont l’eau qui coule à flot dans la douche et mes gémissements quand il m’embrasse. Il me pousse dans la douche, je prends le jet d’eau en pleine figure et j’adore sentir l’eau chaude couler sur moi, Alan me sert contre lui avant de me prendre contre la paroi vitrée. Le contraste entre le froid de la paroi et le chaud du corps d’Alan est excitant. Ceci est notre dernière fois, il est doux et sauvage à la fois, il est lui, je m’accroche à son cou de ma main libre et je l’embrasse langoureusement, il grogne contre ma bouche.
- Putain Jessy, jouit…
Il lâche mon poignet et passe sa main entre nous pour me faire crier une toute dernière fois avant de me relâcher et de finir par se masturber contre moi, il faut peu de temps pour que je sente le liquide chaud couler sur mon ventre.
Il m’embrasse, un baiser désespéré, je sens ses lèvres trembler, j’ai à peine le temps d’ouvrir les yeux qu’il s’empresse de me retourner, il me sert fort contre lui. Est-ce qu’il pleure ? Cette idée me sert le cœur, et c’est moi qui me mets à pleurer, inutile que je me cache pour le faire, il a appris à faire avec la Jessy pleurnicheuse. Il ressert son étreinte puis me lâche pour se frotter la figure, il attrape du shampoing pour laver mes cheveux, il masse ma tête de ses grandes mains, j’adore ça. Il me laisse me retourner, je dois avoir les yeux tous rouges, je tente de voir si lui aussi, je ne suis pas sûre de ce que je vois, je le shampooine aussi, même s’il n’y a pas grand-chose à shampooiner ! Il me tend le gel douche, puis je finis rapidement de me laver pour sortir et le laisser seul, la pièce est emplie de buée, je m’avance vers le miroir pour l’essuyer, mon maquillage a coulé, cette vue est vraiment horrible, je me démaquille. Alan sort et enroule une serviette autour de sa taille avant de me rejoindre à l’autre bout de la pièce, il me regarde à travers le miroir et me sourit.
- Tu es vraiment très belle, tu le sais ?
Il dit ça alors que j’ai un œil démaquillé sur deux et que l’autre ressemble vraiment à rien avec ce crayon et ce mascara qui coule.
- On ne doit pas regarder la même chose alors !

Il ne dit rien et se contente d’embrasser mon épaule en souriant encore. Il enfile ses habits, récupérant son t-shirt au passage et sort de la pièce. Je me sèche les cheveux, me recoiffe et me remaquille puis je vais dans la chambre remettre mes habits. Quand je suis sur le palier, je sais déjà ce que fait Alan, je descends en vitesse les escaliers.
- Je me suis dit que tu aurais peut-être faim.
Je ne lui réponds même pas, mais je lui souris comme une idiote à m’en décrocher la mâchoire !
- Bon, c’est bien ce qu’il me semblait !
Je dépose un petit baiser sur sa joue avant de me servir un jus d’orange et de m’attabler derrière lui. Profitant du spectacle de l’apollon qui se trouve devant moi, je suis en train de me mordre la lèvre inférieure quand il se retourne pour me regarder.
- La vue te plait ? me demande-t-il.
- Beaucoup !
J’ai déjà entendu ce morceau de conversation il y a quelques semaines, il lève un sourcil, l’esprit joueur.
- J’étais en train de me dire que ce serait encore mieux si tu enlevais ton t-shirt !
Il rit, mais ne le retire pas pour autant, il me lance une assiette de ses pancakes, aujourd’hui le menu n’est pas très varié, mais je m’en fiche, c’est lui qui l’a fait et j’ai vraiment très faim ! Il en mange quelques-uns avant de venir me retrouver de l’autre côté de l’îlot et brise le silence.
- Je vais devoir y aller…

Je m’arrête de manger, la boule que j’avais au fond de la gorge refait surface.
- Tu ne veux toujours pas m’accompagner ?
On en a discuté cette semaine, il voulait que je l’accompagne jusqu’à son départ, j’étais flattée qu’il me le demande, mais j’ai décliné, me retrouver au milieu de sa famille, même si David et Tania seront là, je ne peux pas, déjà, je n’ai jamais rencontré ses parents et puis je ne suis rien pour lui aux yeux de tout le monde, je refuse d’être vue comme la nana naïve qui a pleuré toutes les larmes de son corps à l’aéroport. Puis je savais éperdument que je serais plus que mal en point après son départ, je n’avais pas envie de me donner en spectacle devant une foule de personnes.
- Non, je ne peux pas Alan…
Il ne le prend pas mal, au contraire, il sourit et m’embrasse la joue, il me tend la main pour que je le suive dans l’entrée, chaque pas que je fais vers la porte me fait souffrir un peu plus et je sens les larmes couler silencieusement, abondement sur mon visage. Alan se retourne et il a ce regard triste en me voyant, il m’embrasse.
- Ne m’oublie pas dit-il contre ma bouche.
- Toi, ne m’oublie pas.

Il m’embrasse encore une fois, comme si c’était la dernière fois, car c’est la dernière fois qu’il peut poser ses lèvres sur moi, nous avons du mal à nous arrêter, mais il finit par lâcher ma bouche. Je l’accompagne à la porte, il met sa veste, m’embrasse une dernière fois doucement et quitte la maison, me quitte, quitte ma vie et quitte le pays, je ferme la porte, j’appuie mon front contre celle-ci avant de me laisser glisser au sol.
- Je t’aime.