| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
31 Mai 2017
Je suis déjà vraiment très stressée, mais je me fige quand en arrivant devant l’immeuble d’Alan, j’en vois sortir Stéphanie, il ne devrait pas être encore là alors qu’est-ce qu’elle fait ici ? Elle me voit et me sourit comme la connasse qu’elle est.
- Tient, toi ici ! Tu arrives après la bataille, chérie, des mois d’absence, Alan était si heureux de me faire transpirer, on aurait pu s’amuser tous les trois, mais quand je te regarde, je comprends, difficile d’avoir envie de baiser une nana en cloque !!
Je reste complètement muette, complètement détruite, il n’est même pas revenu depuis un jour, il m’a déjà menti et s’est envoyé en l’air avec cette salope. Elle rit puis continue son chemin pendant que je reste immobile.
Je suis vraiment la première des connes, comment j’ai pu être aussi stupide, penser un seul instant qu’il finirait par être à moi, depuis tout ce temps, il se moque bien de moi, des sentiments que j’ai pour lui. Les larmes coulent, je décide de rentrer chez moi, qu’il aille se faire foutre, j’en ai plus qu’assez de subir ses conneries.

Quand j’arrive à la maison, Peter m’attend sur le porche. Je le rejoins en quelques pas.
- Salut Peter !
- Hey ma belle, ça ne va pas ? Je voulais passer te voir avant que tu ne retrouves ton Alan !
J’ouvre la porte et je souris nerveusement, Peter me suit à l’intérieur.
- Mon Alan est un connard fini, il est arrivé plus tôt pour s’envoyer en l’air avec sa pute.
- Mon dieu, mais tu es sûre ?
- Elle était là, elle me l’a dit, je n'y crois toujours pas.
Je continue à pleurer.
- Ne t’en fais pas, ça va aller, je suis là.
- Merci Peter. J’ai besoin d’aller me rafraîchir.
Je monte les escaliers, je suis à mi-parcours quand on sonne à la porte, je n’ai envie de voir personne.
- Je te laisse ouvrir Peter !

Je m’enferme dans ma salle de bain, encore sous le choc. Il n’y a que moi pour tomber amoureuse d’un connard, ma vie est un véritable cauchemar, tout part à volo, je pose ma main sur mon ventre, je sens le bébé bouger, c’est comme s’il était en train de me dire « je suis là moi », oui, c’est bien la seule chose positive aujourd’hui, même si son père est un véritable crétin, j’aime mon petit haricot plus que tout. Je passe de l’eau sur mon visage avant de redescendre retrouver mon ami.
- C’était qui ?
- Je ne sais pas, un mec qui s’est trompé de maison apparemment !
- Ah !
Et si c’était Alan ? Non, il n’aurait pas dit ça, il sait très bien où j’habite, en fait, qu’est-ce que ça peut me faire de toute façon, il serait venu faire quoi ici après avoir vu son petit toutou ? Je n’ai plus envie de faire partie de son harem, j’ai besoin d’être posée. De toute façon, je ne veux plus le voir. Peter m’a tenu compagnie toute la soirée. J’ai bien fait de prendre mon week-end, je vais vraiment avoir besoin de tout ce temps pour me calmer.
Dimanche matin, je suis réveillée par la sonnerie de mes textos, je me maudis de ne pas avoir mis ce fichu portable en silencieux, j’ouvre un œil sur les deux et je vois Alyssa en expéditeur, son message me met déjà dans l’ambiance « Alors qu’est-ce qu’il se passe, tu as revu mon frère, j’ose rien lui demander, il tire une tronche bizarre depuis qu’il est rentré », et ben vieux, il peut la tirer sa tronche bizarre, je lui réponds que ça ne s’est pas passé comme prévu et que je pense que c’est fini. Elle ne répond pas. Pendant la semaine David et Tania m’ont demandée si j’avais revu Alan, ils vivent ensemble, ils auraient pu se concerter avant de me poser la question à un jour d’intervalle.

Une semaine qu’il est rentré, il est enfin si près de moi et tout ça pour quoi ? Pour rien au final, pour me briser encore le cœur. Je vais avoir du mal à l’oublier, surtout que chaque fois que je regarderais cet enfant, je verrais obligatoirement son père. Maintenant, ça ne sert plus à rien de lui dire de toute façon, il ne veut pas d’enfants, il ne veut pas de moi. Peter continu à me donner des cours, il est là depuis des mois à mes côtés, j’aime sa présence, il est si… calme !
Ce dimanche matin, ce n’est pas la sonnerie du portable qui me tire du lit, mais la sonnette de la maison, sérieusement un dimanche matin, à 8h en plus, mais que les gens aillent au diable, bordel. Je descends à moitié réveillée, ou à moitié endormie, ça dépend comment on voit les choses. J’ouvre ma porte doucement et de mauvaise humeur.
- Alan ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
Mon cœur fait un bon hors de mon corps, je suis complètement réveillée en moins d’une minute. J’ai peur. Le bas de mon corps est dissimulé par la porte, il ne voit pas le petit habitant qui se cache sous mon nombril.
- Il faut qu’on discute, tu me laisses entrer ?
- Non, va-t’en s’il te plait.
Je n’ai pas du tout envie de parler avec lui, ni aujourd’hui, ni un autre jour, il va encore me baratiner de toute façon. Je commence à fermer la porte, mais il appuie avec force contre cette dernière et passe un pied de façon à la bloquer.
- S’il te plait Jess.
Je suis encore plus stupide que ce que je pensais, je relâche la porte, il le sent et la pousse, il entre, il est toujours de dos et il commence à parler.

- Il faut apparemment qu’on parle, même si je sais déjà ce que tu vas me dire, tu sais qu’il était plus simple que tu me le dises dès que tu as commencé à sortir avec ce connard au lieu de me laisser espérer que je te retrouverais à mon retour…
- Non mais pardon ?
Il se retourne, il me regarde dans les yeux, il regarde mes seins, il regarde mon ventre, il me regarde dans les yeux à nouveau, il est en colère et extrêmement surpris. C’est la meilleure, je commence à hurler.
- Non mais c’est toi le connard, de quoi tu parles, je ne comprends rien ?
- Le type, celui qui m’a ouvert vendredi. Et t’as pas perdu ton temps en tout cas, vu ce que je vois.
- Peter ?
Je commence à rigoler, il est encore plus furieux ! Je fais l’impasse sur sa remarque concernant ma grossesse.
- Non mais Peter n’est pas mon petit ami.
- Ah non, et ça c’est quoi ?
Il pointe mon ventre du doigt. Je choisis toujours d’ignorer sa remarque.
- Peter est gay pauvre con ! C’est juste un ami.
- Un ami, bien sûr, t’es pas la vierge Marie, de toute façon t’as quand même réussi à te faire mettre en cloque par un autre connard.
Pour une fois qu’il dit quelque chose de vrai, je hurle un peu plus.

- C’est bien beau de me faire la leçon alors que tu t’es tapé l’autre pute de Stéphanie vendredi en rentrant, tu m’as bien prise pour une conne en tout cas.
- Quoi ?
- Fais l’innocent en plus de ça.
Il se paye ma tête, avec son regard faussement surpris, ça ne me plaît pas du tout. Je suis encore plus furieuse.
- Je n’ai pas couché avec elle depuis bien longtemps, avant même que je parte, elle te l’a dit elle-même, je ne l’avais pas vu depuis un moment et je ne l’ai pas revu après.
- Alors pourquoi je l’ai vu sortir de chez-toi vendredi, j’ai voulu venir en avance pour te faire la surprise, mais apparemment, tu m’as menti sur l’heure de ton arrivée, elle m’a craché à la gueule en disant que tu étais « tellement heureux de la faire transpirer », car qui aurait envie de baiser une nana en cloque.
- Mais elle débloque complètement cette gonzesse, oui, je t’ai menti, je suis rentré bien avant, il fallait que je la voie, je voulais mettre fin une bonne fois pour toutes à ce plan merdique, on a juste discuté, je lui ai dit que je ne voulais pas continuer avec elle et c’est tout.
Il vient de me clouer le bec, je vois qu’il est sincère, mais il ne veut pas continuer avec elle, alors quoi ? Il espérerait que je sois sa nouvelle petite chienne, prête à courir quand il me jettera un os ?
- Par contre pour quelqu’un qui était censé m’aimer, tu es vite passé à autre chose, je ne m’attendais pas à ça de ta part, même si j’en avais un peu peur…
- Pardon ?
Qu’est-ce qu’il vient de dire ? Quelqu’un qui est censé l’aimer ? À quel moment, il a entendu ça ?

- C’est ce que tu m’as dit, deux fois…
- Je n’ai jamais rien dit de tel…
Non, je n’ai jamais dit à haute voix que je l’aimais, pas à lui en tout cas.
- Ce n’était pas vrai alors ?
- Quand ? Quand j’ai dit ça ?
- Quand on s’est retrouvé la première fois après que tu sois partie, tu l’as crié quand tu as joui, bon, tu avais bu, je n’aurais peut-être pas dû prendre ça au sérieux, mais tu sais le choc que ça m’a fait de t’entendre crier à mon oreille « Putain Alan, je t’aime tellement » ?
Je rougis, apparemment ça a été la soirée de tous les évènements. Je ne me souviens absolument pas avoir crié ça, c’est que j’avais vraiment bu, je me jure de ne plus jamais autant boire.

- Puis tu l’as dit le soir du nouvel an, et tu n’avais pas bu une seule goutte d’alcool, tu étais à moitié endormie, je t’ai demandé si tu dormais et tu ne m’as pas répondu, je t’ai dit que je t’aimais et tu m’as répondu « je t’aime aussi ».
Je ne me souviens absolument pas avoir dit ceci, vraiment ça craint, ça veut dire que ça fait des mois qu’il sait, il n’a rien dit… Attends une minute, il vient de dire quoi là ? Je sens mon sang battre dans mes oreilles, j’ai chaud et je sens mes jambes qui tremblent, je commence à me sentir pas très bien du tout. J’entends Alan parler, mais je n’entends pas ce qu’il dit, j’ai besoin d’un moment pour me remettre.