| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
31 Mai 2017
Aujourd’hui, je dois passer ma dernière échographie, pour une fois Alan sera à mes côtés, je suis tout excitée et je suis sûre que lui aussi. Enfin, c’est ce que je me dis jusqu’à ce que je le retrouve assis à table complètement perdu dans ses pensées et je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ce qu’il va me dire ne va pas me plaire du tout.
- Alan, ça va ?
- Hein ? Oui… ça va, en fait non…
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu veux m’en parler ?
Il hésite et je sais encore plus que ce qu’il va dire ne va vraiment pas me plaire du tout. Et pour couronner le tout, il ne me regarde pas et garde le regard rivé sur son téléphone.
- C’est Stéphanie, elle n’arrête pas d’essayer de me joindre.
J’en étais sûre. Je me demande bien ce qu’elle veut après tout ce temps cette garce ? Elle ne veut pas oublier Alan, il n’est plus à elle à présent. Je respire un bon coup pour rester calme.

- Et qu’est-ce qu’elle veut ?
- Elle a un problème, je crois qu’elle est tombée enceinte et ne sait pas quoi faire.
Mes yeux ont sûrement dû sortir de mes orbites, j’espère qu’il n’est pas sérieux en disant ça. Les larmes me montent aux yeux. Je commence à avoir peur, et s’il s’était bien foutu de ma gueule depuis tout ce temps ?
- Tu….
Il lève ses grands yeux bleus vers moi, surpris.
- Quoi ? Non, bébé, mais tu es malade !
Il lâche son téléphone et me rejoint d’un pas pour me prendre dans ses bras.
- Alors pourquoi elle t’appelle ? Elle n’a pas de copines plutôt que de venir foutre encore le bordel entre nous ?
- Je la connais depuis très longtemps…
- Et alors ça lui donne le droit de revenir dans nos vies ?
- Non. Si tu ne veux pas que je lui parle, je la laisserais se débrouiller toute seule.

Je vois bien qu’il tente de ne pas me contrarier, putain, il a raison, je ne veux pas qu’il lui parle, si ça se trouve, c’est une ruse pour qu’il revienne, s’apitoie sur son sort, elle va essayer de l’embrasser ou pire.
- Ce n’est pas ton amie ? Je ne vois aucune raison pour que tu lui viennes en aide, c’est malheureux ce qui lui arrive, je compatis pour avoir été dans son cas, mais non, Alan, qu’elle se trouve quelqu’un d’autre. Je refuse qu’elle t’approche encore. Si ça se trouve, elle attend que tu t’apitoies sur ses problèmes pour te reprendre dans ses filets, c’est hors de question.
- Hey, doucement bébé, calme-toi ! Je ne compte pas retomber dans les filets de qui que ce soit ! J’entends ce que tu dis et je lui dirais qu’elle se trouve quelqu’un d’autre alors.
- Merci Alan.
Il me sourit pour me calmer. J’ai un peu de mal à faire redescendre la pression.
- Tu es très…
- Très quoi, Alan ?
- Possessive ! J’aime bien !

J’éclate de rire, sur ce coup, je suis très possessive, j’ai tellement attendu pour l’avoir à mes côtés que je ne laisserais personnes me reprendre l’homme de ma vie. Il m’embrasse tendrement et je fonds.
Après la crise de ce matin concernant Stéphanie, il m’a amené manger à l’extérieur et promener dans le parc pour me détendre puis nous nous sommes rendus chez la gynécologue. Il y a déjà du monde dans la salle d’attente, mais ils n’ont visiblement pas rendez-vous avec la mienne, car nous passons les premiers.
- Ah voilà enfin le papa, je me demandais si vous seriez présent aujourd’hui !
- Je n’aurais raté ça pour rien au monde !
Ils se sourient, je m’installe sur la table d'examen et relève mon t-shirt.
- Vous voulez toujours la surprise n’est-ce pas ?
- Oui !
Nous répondons tous les deux en même temps, ça nous fait rire. Elle met le gel sur mon ventre, je sursaute toujours, car c’est vraiment très froid. Puis elle pose la sonde par-dessus et les images apparaissent. Alan me tient la main, je le vois, il est tout ému. On se sourit et on apprécie cette dernière rencontre à travers l’écran avant le jour J qui approche à grand pas.

Quatre semaines plus tard, en rentrant d’un rendez-vous avec ma sage-femme, je suis partie faire une sieste et Alan est sorti en prétextant des courses à faire. Quand je me suis réveillée, il n’était toujours pas rentré, je lui ai envoyé un message pour savoir ce qu’il pouvait bien fabriquer, mais pas de réponse, j’ai commencé à m’inquiéter, à faire les cent pas dans la maison, je l’ai appelé et pas de réponse non plus. Puis il a fini par réapparaître comme par magie bouquet en main.
- Mais où étais-tu passé ? Ça fait des heures que je t’attends et que j’essaie de te joindre. Tu sais le souci que je me suis faîtes ?
- Je suis désolé Jess.
Son regard me disait déjà qu’il avait quelque chose sur la conscience, mais à la minute où il a ouvert la bouche, j’étais sûre qu’il cachait quelque chose.
- Qu’est-ce que tu as fait ? Où étais-tu ? Crache le morceau Alan, je ne suis pas d’humeur à attendre encore.
Il pose le bouquet sans prendre la peine de me le tendre, il a bien compris qu’il s’est donné de la peine pour rien, car ce n’est pas quelques fleurs qui me feront oublier le sang d’encre que je viens de me faire.
- S’il te plait ne t’énerve pas, j’étais avec Stéphanie.
- Tu ne peux pas mettre ces deux choses dans la même phrase, c’est impossible. Tu te moques de moi, tu n’as pas écouté ce que je t’ai dit ? hurlais-je.

- Si, bébé, mais écoute, elle insistait, et…
- Non mais, je m’en fiche Alan. Je t’avais dit de ne plus la voir, je te connais, je vous connais tous les deux…
- Stop, stop, calme-toi là, jusqu’à preuve du contraire, je suis avec toi et j’ai accepté tout ça pour toi, parce que je t’aime, alors n’imagine pas un seul instant que je puisse voir une autre femme, jamais, tu m’entends.
Que de belles paroles, venant d’un don juan, il s’approche de moi pour me toucher, mais je l’esquive. Je suis trop en colère contre lui ce soir pour espérer lui pardonner si facilement.
- Pfff, je ne veux plus t’entendre, tu sais quoi, le canapé sera certainement très confortable pour toi ce soir. J’ai vraiment besoin de me calmer et d’être seule.
Il me regarde dépité, au fond de moi, je sais qu’il ne sera jamais capable de me tromper, mais il y a toujours cette petite part en moi qui se souvient exactement ce qu’elle a traversé en le partageant avec d’autres femmes. Je suis cruelle avec lui, même si je l’aime, il le sait, ça ira mieux dans un moment.
Je monte me recoucher et le laisse seul. Dans mon sommeil, je sens le lit bouger, je sens la bouche d’Alan dans mon cou, je me réveille, il croit qu’il peut venir la bouche en cœur au milieu de la nuit pour se faire pardonner ?

- Qu’est-ce que tu fais ?
- J’essaie de me faire pardonner…
- Retourne sur ton canapé Alan, je ne suis vraiment pas d’humeur.
Il ne dit pas un mot et sort de la chambre, il n’est même pas énervé contre moi, il me comprend. Je me rendors, pas très longtemps, car je suis réveillée par un mal de ventre plus douloureux que d’habitude. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que c’est le moment, évidemment, il faut que ça arrive quand je me dispute avec Alan, cet enfant est déjà aussi imprévisible que son père, ça promet pour la suite. Je me lève et me dirige dans la salle de bain et je prends une douche rapide, ça me fait du bien. Je sors et j’appelle Alan du palier, comme il ne répond pas, je commence à descendre les escaliers, je l’appelle encore, mais toujours pas de signe de lui, et s’il avait finalement plus mal pris que ce que je pensais ? Les contractions sont quand même supportables, mais me clouent sur place pendant bien une minute, je commence à pleurer, par peur de ce qui va se passer, mais aussi d’être seule. Finalement en me dirigeant vers la cuisine, j’aperçois sa tête par la fenêtre, un souci en moins. Je toque sur la vitre et son regard, qui semblait perdu dans ses pensées, se relève sur moi, il comprend vite que quelque chose ne va pas et saute sur ses pieds.

- Je suis désolée Alan, j’ai cru que tu étais parti…
- C’est moi qui suis désolé, je te promets que tout ça est derrière nous, une bonne fois pour toute, on a plus qu’à se tourner vers notre avenir.
- Justement, notre avenir a décidé de se pointer plus tôt que prévu !
Une contraction me cloue le bec, je m’accroche au bras d’Alan et applique les respirations pour la faire passer.
- Quoi ? Maintenant ?
- Oui, maintenant !
Il ne panique pas, il a le sourire aux lèvres, il est comme un idiot, mon idiot que j’aime plus que tout. Il m’aide à me déplacer jusqu’à l’entrée, prend mon sac et c’est parti pour une nouvelle aventure. Quand on arrive, je suis placée dans une salle, Alan ne quitte pas son sourire. Ma poche des eaux se rompt finalement et la femme qui vient m’examiner est étonnée et me dit que ça se passe vite pour un premier bébé. Et après plusieurs heures d’intenses douleurs notre fils est enfin parmi nous. Quand nous nous retrouvons enfin tous les trois, seuls, dans une chambre, nous sommes au comble du bonheur.
- Je vous aime plus que tout me dit Alan plus ému que jamais.

Ma vision devient un peu plus floue, je distingue à peine le visage d’Alan et de notre bébé, je sens que je pars et une petite voix m’appelle au fin fond de mon esprit. Je refuse de partir de laisser ça derrière moi, je refuse de quitter le petit nuage où campe le bonheur. Une petite main fraîche appuie sur mon épaule pour me secouer.
- Jess, réveille-toi !
Je l’entends distinctement, la petite voix de Tania, qui m’appelle. Je me lève en sursaut, je suis sur mon canapé jaune dans notre appartement, je sens l’odeur des brownies qui vient du four et qui me chatouille les narines. Et j’entends toujours cette musique qui vient de l’étage en me disant simplement que tout ceci n’était qu’un rêve…
FIN.
J'espère que vous ne resterez pas sur votre fin ! Un peu brutale, je l'avoue, mais restez avec nous, la partie n°1 de l'épilogue arrive demain pour savoir ce qu'il se passe pour Jessica après ce rêve si vrai ! Et surtout la suite sera livrée avec une fin bien réelle, promis !
/!\ Pour l'épilogue c'est un épisode tous les jours et non tout les deux jours ! ;) /!\